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Wednesday, February 8, 2017

1 pied et 2 pouces de neige

Nous n’avons pas de neige chaque année. Nous avons passé plusieurs hivers sans un flocon, juste de la pluie, beaucoup de pluie… c’est la spécialité de la région, et les habitants ne détestent pas en rire.



Mais dimanche, nous sommes rentrés de l’aéroport en provenance d’Arizona et au fur et à mesure que nous approchions de la colline où se trouve notre maison, les gouttes de pluie se transformaient en flocons. La perturbation avait été annoncée. 14 pouces de neige sont tombés par chez nous, c'est-à-dire un peu plus d’un pied (= 12 pouces). C’est l’équivalent d’un peu plus de 35 cm.

Nos chiens, encore en pension, nous manquaient. Après avoir pelleté la neige devant le garage, nous sommes allés les chercher le lendemain matin. Les routes étaient dégagées, le plus difficile, c’était de sortir de notre impasse pour les atteindre. Mais quelle joie de retrouver nos bêtes sauvages…



J’aime le bonhomme de neige construit par nos petites voisines, particulièrement le mouvement des bras, qui semble tout à la fois accablé et fataliste.

C’est un peu ce que je ressens alors que je reprends le travail. La pasteure avec laquelle je travaille a donné sa démission. Elle sera partie dans 6 semaines. Elle veut « planter » (c’est le terme ici) c'est-à-dire créer une nouvelle congrégation avec une autre jeune femme pasteure. Toutes deux sont mères d'enfants en bas age. Elles veulent être les pasteures de jeunes familles qui ne vont pas à l’église. 

Et moi… en ce début d’année, j’ai des espoirs qui semblent si lents à se matérialiser. L’attente, oui, même si on garde espoir, ça prend parfois la forme de ce mouvement de bras. 



Thursday, December 31, 2015

Trois chiens sinon rien

J’ai eu l’occasion de parler de Denali, notre nouvelle petite chienne noire, venue tenir compagnie a Sitka. Apres une réticence à ne plus etre le seul chien de la maison, Sitka a accepté Denali mais nous sentions bien que ce n’était pas idéal. Denali avait une envie débordante de jeux et de mouvements que Sitka, qui a 10 ans, n’était pas prête à faciliter. Apres trente secondes de « joujoutes », Sitka faisait clairement comprendre qu’elle en avait fini.

Quand nous avons appris que Debbie, notre amie éleveuse, avait une nouvelle portée, nous avons regarde les photos des chiots avec interet. Irvin a tout de suite fondu devant un petit male, couleur de chataigne, un marron roux, avec les fameuses taches blanches sur son poitrail qui lui interdisent le chemin des concours.


Je n’avais jamais eu de chiens males, et je me sentais hors de mon element face a un petit mec. Mais devant l’insistance d’Irvin, qui avait vécu avec trois chiennes depuis notre mariage, nous sommes tombes d’accord que c’était bien normal que ce soit son tour de choisir.

Et c’est ainsi qu’en aout, nous avons ramené Kenai a la maison. Sitka était exasperee – un AUTRE chien ??? – et Denali ravie. 

Sitka prend la mesure du nouveau venu... C'etait le jour ou nous l'avons ramene a la maison.

Et puis, la meute a trouve son équilibre. Sitka est la chienne Alpha, qui a le dernier mot en cas de conflit et devant laquelle les deux chiots s’aplatissent en soumission si elle râle. Denali et Kenai jouent continuellement, se mordillent et se coursent avec un plaisir évident. La maison et le jardin oscillent entre chaos et terrains de jeux mais dans un mode joyeux. Nous ne nous plaignons pas.





Monday, April 20, 2015

La visite au Père

River est un cocker noir de 2 ans, il vit chez notre amie Debbie avec laquelle nous sommes restés en contact depuis que nous sommes venus chercher chez elle Tashina, notre première chienne, en 2003. River est  le père de Denali, notre chienne de trois mois, née en Oregon.



Nous avons organisé une rencontre au lendemain de Pâques, et sommes arrivés en début d’après midi avec nos deux chiennes. Debbie et sa famille habitent près d’Olympia, la capitale de l’état de Washington, à une heure au sud de chez nous.

River est un jeune chien enthousiaste. Ca a un peu effrayé Denali  - elle s’est recroquevillée sur mes chaussures. 

En revanche, Sitka (9 ans) a apprécié son intérêt. Elle qui est parfois un peu revêche au premier contact avec un chien qu’elle ne connait pas s’est montré tout à fait accueillante.  



Une fois l’excitation de la rencontre un peu tombée, Denali et River se sont fait quelques amitiés. Elle ressemble à son père – mais ses taches blanches qui nous plaisent tant la rendent unique.




Une portée vient de naitre chez Debbie. Mais tout ne s’est pas passé aussi bien que pour la portée dont Denali faisait partie (7 petits chiots tous en bonne santé). Sur les quatre chiots, deux sont morts nés. La mère a refusé d’allaiter les deux survivants, et devant son agressivité, Debbie a craint qu’elle ne les attaque. 

Elle les a séparés et a nourri les nourrissons au biberon toutes les deux heures. Mais pour qu’ils aient le contact et la chaleur canine qu’ils auraient eus avec leur mère, Debbie a eu l’idée de leur présenter une autre de ses chiennes, qui a eu des portées et s’est montrée très maternelle. 

Le succès a été immédiat. Elle a reniflé les deux petits chiots, s’est mise à les lécher. Ils sont vite devenus inséparables. «J’ai demandé au vétérinaire s’il était possible qu’elle donne du lait, mais il m’a dit que non, totalement exclu, a expliqué Debbie. Mais j’ai regardé : elle a des montées de lait !»



Debbie nous a montré les chiots par la vitre de sa fenêtre parce qu’ils ne sont pas encore protégés par leurs vaccins. Tandis que nous les photographions à travers la vitre, leur mère adoptive à leur cotés nous regardait, attentive et sereine. 

Monday, March 30, 2015

Défis et métaphores du chien noir

Quand on aime communiquer et partager, avoir un chien noir représente une certaine difficulté. On veut montrer des photos du chien, partager l’attendrissement. Mais le chien noir est difficile à photographier. Pour peu que la lumière n'y mette pas du sien, on se retrouve avec la photo d’une masse au contour imprécis. Les beaux yeux sombres et expressifs de l’animal sont difficiles à discerner. 
Quelqu'un peut-il me dire ou est la tete et ou est la queue de ce chien?
Bien sur, on peut jouer avec les nuances de la photo, l’éclaircir, mais on se retrouve vite avec un chien gris pale au milieu d’un décor délavé.

De plus, le chien est rapide et ne saisit pas la nécessité de rester immobile, quelques instants, pour la postérité (et la popularité des "parents" nourrissiers sur facebook). 
Ici, deux secondes auparavant, se trouvait un chien dans une pose adorable. 
Donc puisqu’elle est si difficile à voir en photo, je me prends à imaginer comment la représenter sous d’autres formes. Bon, si elle était un dragon, elle serait bien évidemment une Fury. (Amusant ces films "Dragons !")












Si elle vivait dans le monde sous-marin, elle serait un oursin. J’ai nagé dans la Méditerranée toute ma jeunesse et connait la douloureuse rencontre avec les oursins, entre deux rochers, juste le jour où  on se baigne sans sandales en plastique… Tout à fait Denali. Elle surgit avec tendresse, on a droit à quelques coups de langue chaleureux et soudain – les dents comme des aiguilles attaquent !

Pas facile donc de partager des images de notre dragonne-oursin. Mais vivre avec elle et la voir grandir est une joie – il faudra me croire sur parole. 



Saturday, March 14, 2015

Faits et méfaits du Chien Nouveau

Elle a gigoté et dormi dans le creux de mon cou, son museau sur ma clavicule, pendant les 4 heures de route nous séparant de la maison.

Elle a accueilli toutes les nouveautés de son nouveau domicile avec enthousiasme, parfois en sautillant sur place avec joie.

Chaque marche est presque aussi haute qu’elle, mais en quelques jours, elle a été capable de grimper tout l’escalier avec des bonds de chèvre des montagnes. Mais elle a peur de descendre.


Elle vénère Sitka, la suit partout et cherche à l’imiter. L’inverse n’est pas vrai.


Quand elle se fait rabrouer par la chienne alpha – parce qu’elle a interféré dans la routine de ses meilleurs moments, glaçons à croquer, siestes paisibles, câlins avec nous – elle s’aplatit sur le sol, en totale soumission adorante. 

Puis, sans aucune intuition, elle se précipite à nouveau sur Sitka, cherche à l’inciter à jouer, mordille ses oreilles…. Jusqu'à l’algarade suivante.

Elle aime être dans nos bras, se blottit, elle est chaude et douce. Elle est câline mais le moment arrive toujours où elle mordille tout ce qui se trouve à sa portée, phalange, oreille, lèvre… Je ne crois qu’elle ait tout a fait saisi le fait qu’en tant que chiot, elle a des dents aigües comme des aiguilles.

Elle me rappelle Tashina mais elles sont bien différentes. Denali a un museau plus long et n’a pas la timidité de notre toute première chienne.

Elle pleure, longuement et avec expression, si elle nous perd de vue. Sitka déteste l’entendre et cherche à mettre le plus de distance possible avec elle dans ces cas là.

Elle m’a réveillée à 4h30 du matin en début de semaine parce qu’elle avait envie de jouer. Juste la nuit où j’avais terminé de rédiger une délicate introduction au chapitre 13 de l’évangile de Marc (chapitre dit apocalyptique) à 1h30 et devais me lever à 6h30 pour une longue journée de meetings.

Elle nous suit pas à pas de si près qu’il nous arrive de nous lancer dans une brève improvisation chorégraphique un peu saccadée mais non dénuée de grace lorsque nous voulons éviter de lui marcher dessus sans pour autant chuter.

Elle a le galop joyeux d’un poulain, surtout quand elle est en train d’accomplir une action d’éclat, par exemple, laisser se dérouler un rouleau de papier toilette dans son sillage après en avoir attrapé une extremité lors d’une incursion commando dans la salle de bains. 

En d’autres termes, nous avons la situation complètement en main. 


Saturday, March 7, 2015

Emergence de l'ère Denali

Finalement le jour est venu. Jeudi soir, Irvin était à peine revenu de Louisville où il a failli rester bloqué a cause d’une tempête de neige approchante. Hier vendredi matin, nous roulions vers l’Oregon. Près de Salem, nous avons fait connaissance de Sally, dont la jolie petite chienne a eu une portée fin décembre. Et nous avons rencontré Denali dont nous avions juste vu des photos jusqu'à présent.


Le fait de la sentir dans mes bras, son museau contre mon cou, a déclenché une de ces tempêtes chimiques dans mon cerveau – ocytocines ? J’ai senti un tel bonheur que, tandis que j’embrassais son museau,  j’aurais pu m’imaginer flotter dans l’azur aussi légère qu’une bulle de savon. Sally nous montrait differents papiers à signer – je n’ai jamais aussi distraite et avec une interlocutrice moins honnête, et l’absence d’un mari à mes cotés, j’aurais bien été capable de signer dans la foulée une reconnaissance de dette d’un million de dollars voire une commande ferme pour une dizaine de dobermans livrables dans la semaine…

Cela fait presque 10 ans que nous n’avons pas eu de chiot à la maison et ce qui nous a surpris le plus… c’est à quel point elle est petite. Malgré son tempérament joyeux et plein d’entrain, la voir si menue m’angoisse, une émotion que j’avais aussi ressentie avec nos chiennes précédentes puis oublié. Elle est si vulnérable… j’ai hâte de la voir grandir.

Et dans le même temps, c’est vrai, partager un moment avec un petit animal tout chaud qui se recroqueville dans votre cou et s’endort, le museau posé sur votre clavicule gauche, c’est une expérience intemporelle  que je veux prendre le temps d’apprécier pleinement. 

Monday, February 16, 2015

Un ciel rose pour les Présidents

Aujourd’hui, lundi, c’était President’s Day, dont j’ai eu l’occasion de parler. Un jour férié donc, qui s’achève. UPPC était fermé. Le quartier général de l’église presbytérienne, où Irvin travaille en délocalisation, aussi. Nous avions l’un et l’autre des choses à faire, études bibliques à préparer, rapports à écrire, emails appelant des réponses…

Mais il faisait beau et c’était le moment de faire une pause. Sous un ciel de printemps, nous avons promené Sitka. 

Comme de coutume, elle a tenu à aboyer chaque fois que nous croisions d’autres promeneurs, à deux ou quatre pattes, même si elle a ensuite apprécié des moments d’échanges silencieux, museau à museau, avec des chiens amicaux. 

L’occasion de réfléchir sur un thème qui revient souvent dans la conversation : éviter que Denali ne suive son exemple.

Au moment du couchant, le ciel est devenu rose et lumineux. Nous savons que pendant ce temps, la côte Est se débat sous la neige et les températures glacées. J’aimerais faire des échanges, un peu de chaleur pour eux, quelques flocons pour nous, car nous n’avons quasiment pas eu d’hiver.

Photo de Joey Leatheman postée
sur la page facebook de la chaine locale King5
Mais ce n’est pas comme ca que ca marche. Chacun dans sa région fait face à sa météo.  Nous ne pouvons qu’espérer que ce printemps hors saison va tôt ou tard franchir les Rocheuses. 

Thursday, February 5, 2015

Denali en perspective

Un nouveau chien ne remplace jamais un vieux chien. Il agrandit le cœur. Si vous avez aimé beaucoup de chiens, votre cœur est très grand. (Erica Jong)

Nous ne pensons pas à «remplacer» Tashina. Simplement, nous avons tellement aimé avoir huit pattes dans la maison et deux museaux autour de nous que nous avons commencé à nous informer des portées de chiots dans nos environs.

Debbie, chez qui Tashina est née, nous a parlé d’une portée en Oregon. Le père vient de son élevage. Sept bébés cockers, tous noirs, sont nés fin décembre. Certains deviendront peut-être des chiens de concours.

Mais pas cette petite chienne dont le ventre et la gorge sont blancs. C’est considéré comme un défaut. Un cocker noir doit etre intégralement noir. Donc la petite chienne doit aller à une famille qui cherche un animal de compagnie loin des podiums.

C’est tout à fait nous. On la trouve très mignonne telle qu’elle est. Nous allons l’appeler Denali (le nom d’une montagne en Alaska) et nous irons la chercher en Oregon (4 heures de route dans chaque sens, quand même) début mars.

Evidemment, nous ne savons pas trop ce que Sitka va en penser. Elle s’est très bien adaptée à son quotidien de chien unique et seul centre d’intérêt. Il est possible qu’elle grince un peu les dents. Nous espérons qu’elle reprendra gout aux courses poursuites et jeux de son enfance.

Et de notre coté, nous nous préparons aux pipis dans la maison, chaussures grignotées et autres bêtises des jeunes chiens. 

Ça se passera bien. Le printemps sera presque là. 



Wednesday, December 31, 2014

Good Bye Tashina

Nous ne nous attendions pas à ça. Nous pensions qu’elle vivrait au moins 15 ans. 

Quand nous avons vu que Tashina, notre chienne de 11 ans,  avait un peu de mal à monter les escaliers, moins d’entrain, nous avons pensé arthrite. Mais le vétérinaire a diagnostiqué une grosse tumeur cancéreuse dans l’estomac. Nous étions effondrés.

Tashina a vécu quelques journées confortables grace à un médicament contre la douleur. J’ai cuisiné de bons petits plats, faciles à digérer, pour faire plaisir à ma chienne qui avait encore de l’appétit. 

Et puis nous avons dit adieu à notre compagne des bons et des mauvais jours dont la fin approchait à grand pas.

Cela s’est passé la semaine de Noël.

Dieu a fait la terre, le ciel et l’eau, la lune et le soleil, dit un proverbe Natif américain. Il a créé l’homme et l’oiseau et l’animal. Mais il n’a pas créé le chien.
Il en avait déjà un à ses cotés. 



Wednesday, August 6, 2014

Sitka = 2 ; Fraises = 0

Jusqu'à présent, le prédateur a eu du succès. Deux fraises que je guettais, presque mûres, ont disparu, avec la signature de Sitka : la tige coupée nette là où le fruit devrait se trouver. Elle gobe le fruit et tire, d’un seul mouvement fluide si rapide qu’elle a agi sous mes yeux avant même que je puisse dire NON ! Une syllabe qui en général l’arrête net. 

Elle avait l’air si satisfaite, en savourant son délit, que je me suis dit… dans le fond ça pourrait etre l’œuvre d’une limace ou d’un oiseau… autant que ce soit mon chien qui en profite !

Dans un autre coin du jardin où je vais peu, j’ai découvert le même jour que des buissons de myrtilles ont été prolifiques. Ce sont des myrtilles roses, appelées «pink lemonade» plantées il y a deux ans. Elles sont délicieuses. Etrangement, Sitka ne les a jamais regardées de près. Peut-être qu’elle n’aime pas le rose ? 

Saturday, July 26, 2014

Une fraise en danger

Les fruits ont tendance à pousser de façon minimaliste dans le jardin, mais quelques fraises semblent poindre à l’horizon,  aidées par le soleil persistant et de patients arrosages. 

Evidemment, les prédateurs rodent, et le plus redoutable est rapide et a de l’expérience
Elle n’hésite pas à croquer un fruit encore vert (voire sous forme de fleur). 
Je veille mais l’animal est sournois. 
Qui aura le dernier mot ? Suspense… 

Sunday, March 10, 2013

Tashina et sa bouée


Mardi dernier, notre chienne Tashina a eu une petite intervention : extraction d’une grosse verrue qui n’en finissait pas de prendre de l’espace près de son œil. En soi, rien de sérieux. Mais il faut vivre avec les conséquences : empêcher l’animal de gratter furieusement la cicatrice, autrement dit imposer le «cône de la honte». 

Nous étions désolés de voir notre chienne, sortie fringante du cabinet du vétérinaire soudain immobilisée par ce collier Elisabéthain (c’est son nom officiel : E collar, parce que la forme l’apparente à la collerette portée à l’époque de la Reine Elizabeth). Elle est restée longtemps figée, craignant au moindre mouvement une collision entre le monde extérieur et le rebord du cône qu’elle avait du mal à visualiser. 

Elle avait l’air si pitoyable que nous avons cherche une solution moins drastique. Et nous l’avons trouvée : le collier gonflable ! Il empêche Tashina de gratter la zone en question (elle essaie de temps a autres mais rate sa cible – sa patte gratte la surface du collier).

Tashina s’est tout de suite habituée à son collier gonflable et ne semble même plus remarquer sa présence. Quant à nous, nous avons l’impression d’avoir une chienne prête à plonger dans une piscine imaginaire, ce qui n’est pas désagréable. Tashina nous invite, avec sa bouée, à flotter plaisamment sur la surface des événements ! 

Saturday, September 24, 2011

Mes oreilles de cocker…


 On dit que les chiens et leurs maitres, à force de vivre ensemble, finissent par se ressembler. Par pur dévouement, j’ai fait un pas décisif vers la condition canine cette semaine, en me retrouvant avec une oreille enflammée (la gauche). Le médecin m’a prescrit des gouttes antibiotiques et recommandé de faire en sorte que le liquide se dirige vers la zone à traiter dans le labyrinthe auditif, les mêmes recommandations que notre vétérinaire dans des circonstances similaires. Les cockers ont souvent besoin de gouttes avec leurs oreilles tombantes…

J’ai passé une semaine environnée de brume – les sons me parviennent par delà une distance ouatée. C’est douloureux aussi. L’aspirine fait ce qu’elle peut mais j’avoue que pour dormir j’ai utilisé les cachets plus puissants, prescrits par mon dentiste après un arrachage de prémolaire en début de mois, et dont je n’avais rapidement plus eu besoin à l’époque.

L’occasion d’un peu de traduction de langage courant. En français, quand on crie de douleur on dit «aie». Onomatopée qui ne passe pas ici, ça ressemble trop à «I», autrement dit «je». Pour exprimer leur douleur, les américains utilisent «ouch» (prononcé «a-outch»).

Passer par la pharmacie avec une ordonnance est aussi une toute autre affaire. D’abord, il faut localiser la pharmacie. Pas de croix verte nulle part – en fait les pharmacies se cachent au fond des grands magasins ou drugstores. La toute première fois que j’ai eu besoin de médicaments, quand la pharmacienne m’a dit en regardant l’ordonnance «pas de problème, ce sera prêt dans une heure…» j’étais saisie. Une heure pour localiser et attraper une boite de cachets sur une étagère ? Prévoyait-elle d’accomplir cette tâche ardue au ralenti ?


En fait, ici, on ne vous donne pas la boite. Le pharmacien compte les nombre de cachets prescrits et dépose la quantité correspondante dans un petit container plastique orange, sur laquelle il colle une étiquette à votre nom, rappelant les prescriptions du médecin. L’étiquette mentionne aussi le numéro de téléphone de la pharmacie et une référence, et ça, c’est pratique. Si la prescription doit etre renouvelée, il suffit de rappeler la pharmacie en donnant la référence. La nouvelle prescription sera prête quelques heures plus tard. Quand on a besoin de médicaments en continu, comme Irvin qui est diabétique, on apprécie.

Evidemment, reste à les payer, ces médicaments, et ils sont chers même quand on est couvert par une assurance maladie. Mais c’est une autre histoire…

Mon oreille est en train de guérir, ce que j’apprécie. Moi qui étais fière d’avoir amélioré mes qualités d’écoute pendant mon stage a l’hôpital, j’étais frustrée de ne plus être en mesure d’entendre mes interlocuteurs avec précision… et je prends soin des deux paires d’oreilles de cockers qui m’environnent avec une compassion renouvelée.

Monday, September 5, 2011

La voleuse de myrtilles


Notre buisson de myrtilles nous donne toute satisfaction cette année. L’été a été pluvieux et froid, donc c’est tardivement mais avec bonne volonté qu’il s’est couvert de fruits, finalement mûrs en ce début de mois de septembre. Avant même que ne vienne le moment de la récolte, j’ai remarqué la disparition de grappes de myrtilles entières, qui avaient été délicatement cueillies sans qu’aucune feuille n’ait été abîmée. Le mystère vient d’être éclairci. Sans commentaire…

Friday, November 12, 2010

Le sourire de la chienne léopard

Une fraternité invisible mais palpable connecte les gens qui aiment les chiens et puisent réconfort dans leur proximité. Cette complicité ouvre les portes de notre Presbytery où les chiens peuvent assister à certaines réunions avec leurs maitres, une rare permission aux USA.

Le Comite de Préparation au Ministère bénéficie ainsi de la présence d’une petite chienne blanche, Bijou (en français dans le texte) qui ressemble à une agnelle. Bijou accepte gracieusement de partager avec nous la compagnie de sa maitresse. En revanche, elle a tout de suite manifesté de l’irritation quand une rivale est venue nous rejoindre. Hannah Murray est une grande chienne calme, au pelage brun tacheté, caractéristique de sa race : Hanna est une Louisiana Catahoula Leopard Dog, une race officiellement reconnue par l’AKC (American Kennel Club) - on la trouve sous la rubrique «unusual breeds».


Les chiens Catahoula Leopards sont appelés ainsi parce qu’ils sont originaires d’un comté de Louisiane du nom de Catahoula, (la déformation française d’un nom Indien) et parce que les taches de leur pelage rappellent les léopards. Ce sont des chiens de berger infatigables et fidèles.

Max, son maitre, l’a trouvée il y a une dizaine d’années alors qu’elle errait près de Camp Murray, d’où son nom.

Hannah accepte les caresses avec bienveillance et ne manifeste pas la moindre impatience quand Bijou lui aboie à la truffe.
Nos réunions mensuelles durent 6 heures, et Hannah s’étend avec sérénité pendant nos discussions, attendant les moments de pause où elle pourra avoir une courte promenade. Quand elle comprend qu’elle va se dégourdir les pattes, elle sourit – un vrai large sourire qui découvre ses dents.

J’ai essayé de prendre des photos du sourire, mais dès qu’elle a vu mon appareil, Hannah a baissé la tête et s’est détourné. Max m’a expliqué qu’elle avait peur des flashes et par extension des appareils photos. J’ai donc pris toute une série de photos sans flash – les résultats sont mitigés. On devine une échine, des pattes, une épaule, un brouillard d’oreilles, mais pas de sourire. Hannah a consenti à poser près de Max mais on sent bien qu’elle n’est pas tres détendue.

Une fraternité invisible mais palpable connecte les gens qui aiment les chiens.
Depuis hier, je pense à Brandi, une amie qui vient de perdre sa jeune chienne de façon totalement imprévue. Nous ne nous sommes pas vues depuis plusieurs années mais communiquons via facebook. Nous avons souvent échangé des messages sur nos chiennes respectives et leurs petits méfaits et la joie de vivre avec elles.
Et puis mercredi soir, Maka sa chienne n’est pas rentrée. Plus tard, Brandi a été informée qu'elle ne reverrait pas sa chienne et elle a écrit sur sa page «Rest in Peace Maka… »
Je n’ai jamais rencontré Maka, pourtant je me sens si triste…

Thursday, September 30, 2010

Le vétérinaire et le serpent qui parle.


Nous venons de changer de vétérinaire : après une grande clinique discount près de chez nous où on vient sans rendez-vous et ou on est vu par le ‘vet’ du jour (qu’on ne choisit pas et qui peut être à chaque fois différent), nous voici dans un cabinet d’un couple de vétérinaires, recommandés chaleureusement par des amis de la région qui ont eu des chiens toute leur vie. C’est ainsi que jeudi dernier, Casey, homme d’expérience à la moustache rassurante, examinait Sitka (5 ans déjà) et son œil droit irrité. Toujours délicats, les yeux de cockers.

Après m’avoir demandé l’origine de mon accent et ce que je faisais dans la vie, Casey s’est mis à me parler des animaux dans la Bible. Pas n’importe quels animaux – ceux qui parlent.

Le fait est, dans toute la Bible, on ne rencontre que deux animaux qui parlent comme des humains : le serpent de la Genèse et l’âne de Balaam (chapitre 22 du livre des Nombres). L’âne était en fait une ânesse et la monture du prophète Balaam. Un jour qu’ils cheminaient, un ange flamboyant se mit en travers de leur route.

L’ânesse s’écarta pour éviter toute collision, à la grande irritation de Balaam, qui ne pouvait voir le visiteur céleste et se mit à battre la pauvre bête. Jusqu'à ce que celle-ci finalement l’apostrophe en lui disant (en substance) : j’ai toujours été une monture fidèle, ne te vient-il pas à l’idée que j’ai une bonne raison de faire un détour ?

Les yeux de Balaam s’ouvrirent (une traduction dit «les écailles lui tombèrent des yeux») et il put enfin voir l’ange. Ce passage m’avait été signalé par une amie psychiatre pour qui l’ânesse était une allégorie de l’inconscient.
Casey mentionna le serpent de la Genèse, un drôle d’animal doté de pattes (c’était avant que Dieu ne le condamne à ramper) et de paroles – pas n’importe quelles paroles : des paroles fondatrices de nos discussions théologiques «Est-ce que Dieu a vraiment dit… ?» (Genèse 3 :1)

Casey m’a raconté qu’il lui était arrivé de soigner des serpents après leur mue. L’ancienne peau du serpent se détache, et la dernière partie du corps à s’en dégager est la tête du reptile. En cas de sècheresse, l’ancienne peau reste collée autour de ses yeux, formant des sortes d’écailles qui bloquent toute vision.

«Le plus souvent, il suffit de passer une pommade ou simplement de la vaseline sur les yeux du serpent pour résoudre le problème» commenta Casey, qui trouvait fascinant que plusieurs autres passages de la Bible mentionnent des humains (dont Balaam) placés dans cette même impossibilité de voir, avant que les écailles ne tombent de leurs yeux.

La Bible a cette façon si créative de nous rappeler que nous avons tous notre propre façon de nous aveugler – et la voix qui nous libère et nous rend la lumière est parfois celle que nous attendons le moins.