Sunday, November 25, 2012

Un pont vers l’infini



L’hospice house est un établissement confortable qui reçoit des patients dont l’espérance de vie ne dépasse pas 6 mois. (cliquer ici pour en savoir plus sur l’endroit)

En général, quand ces patients arrivent, ils sont proches de leur fin et ont besoin des soins intensifs dont l’objet est de leur rendre la vie aussi confortable que possible : atténuer la douleur, aider à respirer… La plupart des patients expirent dans les jours qui suivent leur admission.

Tant de choses que je ne peux pas espérer faire ici – et le comprendre m’a aidée à alléger mon appréhension initiale.

Ce que je ne peux pas faire : je ne peux pas guérir ces patients. Je ne peux pas dissiper le chagrin de leurs proches. Ce que peux faire : être là. Ecouter leur histoire, s’ils veulent la partager. Réfléchir avec eux au sens de ces journées. Prier avec eux s’ils le souhaitent. Et être là pour les deux moments les plus importants qui soient dans leur vie, deux moments mentionnés dans le «je vous salue Marie» appris quand j’étais catholique, dans ma jeunesse «...maintenant et à l’heure de notre mort…» C’est peu - et essentiel.

Parfois je pense à un aéroport quand je pense à l’hospice house. «Le passager à destination de l’au-delà est attendu pour un départ immédiat… »

Parfois je pense à un pont. Un pont vers une destination aux contours changeants, si souvent imaginés et totalement inconnus. Nous aidons les voyageurs à traverser le pont, nous soutenons leurs familles.

Un après-midi, j’aidais le fils d’un patient mort en notre présence quelques heures plus tôt à transporter ses affaires vers sa voiture. Il avait passe plusieurs nuits dans la chambre de son père. Tout en marchant à ses cotés, j’ai soudain réalisé que c’était à l’image de mon travail : accompagner les patients et leur famille, et les aider à transporter leurs bagages.

C’est peu – et essentiel.

Saturday, November 24, 2012

Déjà Thanksgiving??

Le quatrième jeudi de novembre est un jour à part aux USA : un jour où la tradition de se retrouver en famille autour d’une dinde est toujours respectée. J’ai eu l’occasion d’évoquer cette tradition sans equivalent d’une année à l’autre.

Cette pause au milieu de l’automne, abondamment arrosée de pluie (une autre tradition de notre région) coïncide avec la fin de ma première « unit ». L’année de residency est composée de 4 de ces units. Le moment d’évaluer les semaines qui viennent de s’écouler à une vitesse déconcertante. Hier, j’étais orientée comme toute nouvelle recrue de Franciscan Health. Et voila, nous sommes fin novembre.
Les semaines ont passé vite : 24 heures de ma semaine se déroulent a l’Hospice house. J’ai aussi des cours à l’hôpital St Joseph (que tout le monde appelle familièrement St Joe) où je suis de garde regulierement.

J’étais «apprehensive» comme on dit ici en arrivant en ce premier lundi. Je pensais aux heures à venir, je me disais : un des patients va sans doute mourir aujourd’hui. Ou demain. Est-ce que je pourrai faire face ?

Je me suis garée sur le parking des employés, un peu en retrait de la maison, pres d’un petit sous bois. Je n’étais pas seule : une biche se tenait près des voitures. Elle s’est laissé admirer, et même photographier, avant de bondir sous les arbres. C’était mon premier jour et, grace à ce comité d’accueil, déjà je me sentais mieux.