Monday, January 26, 2015

L’ABC de l’ADN

Irvin et moi nous ne faisons pas de cadeaux à Noel.

Je veux dire par là que nous ne nous offrons pas de cadeau l’un à l’autre. Nous réfléchissons ensemble à  ce qui nous ferait plaisir à tous les deux. Ça  peut être quelque chose pour la maison, ou un chien supplémentaire.

Cette année, nous avons opté pour une recherche basée sur notre ADN. Il s’agit de découvrir génétiquement l’origine ethnique de ses ancêtres. L’idée nous est venue en regardant l’émission «Finding your roots» où des invités célèbres découvrent l’histoire des générations qui les ont précédées, au terme de laquelle on leur dévoile leur «pedigree» génétique.

Nous avons donc commandé des «kits» sur le site «Ancestry.com», dont Irvin, passionné de généalogie, est un grand habitué. Il sait déjà qu’il appartient du coté de son père à deux tribus d’Arizona. Il est Nez Perce, une tribu originaire d’Idaho du coté de sa mère.

Sa grand-mère maternelle n’était pas Indienne, mais issue d’une famille d’immigrants Norvégiens. Elle a épousé le grand-père d’Irvin en 1930, à une époque où un tel mariage mixte n’était pas légal en Idaho. Ils ont traversé la frontière avec  l’état voisin, Washington, pour se marier. Ce grand-père Nez Perce avait aussi un ancêtre canadien français.

De mon coté, je sais que mes ancêtres sont Ashkénazes, Alsaciens et Niçois. Mais je suis prête à avoir des surprises !

Hier, nous avons procédé à la manœuvre, relativement simple : dépôt de salive dans un tube. Mélange avec un liquide «stabilisateur» bleu clair. Insertion du tube, bien fermé, dans une enveloppe puis un petit paquet cartonné. Chacun le sien. Envoi des paquets par la poste au centre de traitement qui se trouve en Utah.

La réponse devrait nous parvenir d’ici 8 semaines. Suspense génétique… A suivre. 

Friday, January 16, 2015

Consternation

Lors d’une promenade matinale sur facebook la semaine dernière, la nouvelle a accroché mon regard. Charlie Hebdo attaqué. 12 morts. J’ai dit a haute voix «Quoi ???»
Parmi les morts, des noms si familiers, Cabu, Wolinski – tous morts. « Ce n’est pas possible. Je ne veux pas le croire. »

Cabu, c’était Recre A2 dans mon enfance, puis plus tard le Canard Enchainé auquel j’étais abonnée. Les dessins de Wolinsky etaient partout, dans le Canard, dans Paris Match. Le paysage des humoristes français est dévasté.
J’ai vécu les jours qui ont suivi, travaillant, parlant, souriant, mais j’étais aussi dans une autre dimension, recroquevillée dans un coin, en larmes, arrachant mes cheveux et répétant «je ne veux pas le croire, je ne veux pas le croire» sans arrêt, sans arrêt, sans arrêt….

Je suivais les nouvelles. Je ne voulais pas entendre parler d’autre chose, car je ne pensais qu’a ça.
Le journal de TV5, la chaine française sur le câble, était complet mais épisodique. Je me suis tournée vers CNN et son info continue, et ils ne m’ont pas déçue. Ils ont envoyé valdinguer leurs programmes pour se consacrer a ce qui se passait en France, ce qu’ils font toujours en cas de breaking news (irruption fracassante de «nouvelles neuves»).


Ce soir là,  j’étais en route vers une réunion à l’eglise quand je me suis arrêtée dans un Starbuck, le seul endroit où on peut trouver un bon chocolat chaud. Deux ados attendaient leur latte, l’une d’elle avait un chiot de 6 semaines dans les bras. «Il est né dans le garage d’un voisin, m’a expliqué l’une d’elle, voyant mon intérêt. Une chienne errante est venue, a eu sa portée, ils ne la connaissaient pas. Nous allons garder celui-ci.»

J’ai complimenté l’animal, ce qui a suscité la curiosité de mes interlocutrices. Apparemment, mon accent est perceptible dès les premières syllabes. «Vous êtes française ? s’est étonné l’une d’elle, avec la même fascination que si je provenais de la planète Neptune. Le visage de l’autre s’est attristé. «Oh, mais c’est terrible, ce qui s’est passé là bas. I am sorry…» J’etais surprise qu’elle sache. Les ados ne sont en général pas accro de l’actualité ici, surtout quand ca se passe dans un autre pays.

Elle m’a tendue son chiot. «Vous voulez le tenir ?» Il était chaud et ensommeillé, et ajustant sa position dans mes bras, il a glissé son museau dans mon cou.
Je suis repartie vers ma voiture. Quelque chose de dur et tendu dans ma poitrine s’était un peu relâché.
"Que reste-t-il alors à l'être humain quand seule l'incertitude semble sûre?" a écrit Marie Cénec.[1]
Il reste des moments où un chiot dort dans vos bras, juste pour quelques instants.



[1] “C’est tous les Jours Dimanche”, cité par mon amie Michele Lortscher sur facebook. 

Sunday, January 4, 2015

Comment ne pas être parfait

Accepter à l’ avance de faire des erreurs, c’est une chose. Mais comment lutter contre l’aspiration de faire les choses du premier coup et sans aucun défaut – ou pas du tout ?  Si on ouvre sa Bible, les paroles de Jésus semblent elles aussi nous pousser au perfectionnisme.

«Votre Père céleste est parfait. Soyez donc parfaits comme lui.» (Matthieu 5 :48)

La perfection divine en ligne de mire… de quoi couper les ailes de l’audace, voire saper l’enthousiasme (étymologiquement : inspiration divine) et la curiosité de vivre.

Mais la perfection dont parle Jésus n’est pas la nôtre. Le mot grec traduit par «parfait» est τέλειος (teleios) et signifie en fait «complétude, maturité». Il s’agit d’être, non pas impeccable, mais complet, entier, accompli. Venant du latin, on trouve la même idée dans le mot «intégral» ou  «intégrité».

C’est cette intégrité, cette plénitude de notre être, qui est le but. Et c’est en vivant pleinement, ‘entièrement’ qu’on l’atteint.


Saturday, January 3, 2015

La rumeur était fondée

Il semble se confirmer que nous sommes à présent en 2015. J’ai tendance à retarder  mentalement l’inévitable passage à l’année suivante. J’ai toute une liste de choses à faire dont je me disais, avant même que Noël ne s’approche,  «je m’en occuperai l’an prochain». L’an prochain peut n’être distant que d’un jour ou deux, voire de quelques heures, mais il se trouve encore de l’autre coté d’une frontière invisible, dans un futur encore flou.  

Jusqu’aux douze coups de minuit.

Je ne peux pas dire que je sois prise de court: dans l’après-midi, je sais que la France a sauté le pas, puis c’est le tour de New York et la côte Est… jusqu'à ce que minuit nous atteigne.
Et là, il faut bien s’y faire. Nous sommes demain et «l’année suivante».

Parmi les vœux glanés sur facebook, les mots de l’auteur Neil Gaiman m’ont encouragée. 


«J’espère que, dans l’année à venir, vous ferez des erreurs. Parce que si vous faites des erreurs, cela veut dire que vous faites des choses nouvelles, essayez des choses nouvelles, apprenez, vivez, allez au-delà de vos limites, changez, changez votre monde. Vous faites des choses que nous n’avez jamais fait, et plus important, vous faites Quelque Chose.

Alors, voici mon vœu pour vous, et pour nous tous. Faites de nouvelles erreurs. Faites de glorieuses,  formidables erreurs. Faites des erreurs que personne n’a jamais faites auparavant. Que cela ne vous arrête pas.  Ne vous inquiétez pas que ce ne soit pas assez bien, et que ca ne soit pas parfait, quoique vous fassiez : art, ou amour, ou travail, ou famille, ou vie.

Si quelque chose vous fait peur, quelque soit cette chose, faites-le.
Faites vos erreurs, l’an prochain, et pour toujours.»

Bienvenue, donc 2015 ! Et levons notre verre à l’audace, la joie de créer, l’enthousiasme et la découverte de nouveaux horizons, la curiosité, et les excursions au-delà des frontières du possible ! 

Et sourions d’avance à leurs cortèges d’erreurs inévitables, auxquelles nous ferons face le moment venu le plus gracieusement possible… 

Autrement dit : Bonne Année.