Friday, July 31, 2009

La Wedding Dance a la rescousse !

L’inventive chorégraphie ouvrant la cérémonie de mariage de Jill et Kevin à St Paul[1] continue de faire des vagues. La vidéo de 5 minutes de leur danse d’introduction a été visualisée sur Youtube près de 13 millions de fois à ce jour.

Signe infaillible de succès : leur danse a été parodiée. Une nouvelle vidéo a été tournée sur la même chanson, montrant – non plus bridesmaids et groomsmen dansant vers l’autel – mais avocats, juristes et policiers évoluant en rythme dans une salle d’audience pour un divorce imaginaire.


De leur coté, les «vrais» mariés ont créé un site internet (http://www.jkweddingdance.com/) pour se présenter à leur nombreux fans, et faire profiter une juste cause de leur célébrité soudaine : ils suggèrent de faire une donation au Sheila Wellstone Institute, expliquant «Sheila Wellstone was an advocate, organizer, and national champion in the effort to end domestic violence in our communities.»

Ce choix n’est pas innocent : «Forever», la chanson qu’ils ont choisie pour leur danse est interprétée par Chris Brown (en médaillon), jeune star en disgrâce depuis les coups assénés sur sa petite amie, la chanteuse Rihanna, en février dernier. Chris Brown est en instance de jugement. Il s’est abondamment excusé auprès du public et de ses fans dans une vidéo rendue publique le 20 juillet.

L’engouement de la wedding dance s’est accompagnée d’un renouveau d’intérêt pour la chanson, sortie il y a plus d’un an. «Forever» est soudain remontée en 5ème position sur la liste des ventes d’Amazon.

Le juge doit prononcer la sentence à l’encontre de Chris Brown mercredi prochain. «Avec un peu de chance, sourient certains journalistes, le juge aura un faible pour les bridesmaids portant des lunettes de soleil… »

[1] Voir “Une entrée en matiere irresistible”, 27 juillet

L’an dernier, Lawrence Porter, 1921-2008

Cela se passait fin juillet 2008, dans une maison de retraite située sur la réserve Pima, au sud de Phoenix, en Arizona. Vers 23h, l’infirmière est venue vérifier le pouls et la tension de Lawrence (Larry) Porter, mon beau-père, comme elle le faisait plusieurs fois par nuit pour tous les résidents.

Il s’est réveillé et a lancé, comme une boutade: «Qu’est-ce que vous fabriquez ?». Elle a feint de s’insurger, «comment ça, qu’est-ce que je fabrique ?», puis elle lui a demandé comment cette phrase se disait en Pima. Larry a répondu «Amas Mas». Quand elle est revenue le voir vers 4h du matin, il était mort.

Dans la chaleur intense d’Arizona, toute la famille s’est retrouvée quelques jours plus tard dans la petite eglise presbytérienne de Sacaton. Le soleil venait de se lever. Pour que la chaleur reste supportable, le service a eu lieu à 6 heures du matin.

Larry a été enterré avec les objets dont il se servait chaque jour : autour de son cou, retenant un lien en cuir, le «bolo tie» en argent et turquoise créé par sa femme Minnie. La casquette que nous avions ramenée de Troyes, et dont il ne se séparait jamais. Selon la tradition Native, une petite valise contenant ses affaires, vêtements, photos et objets aimés, a été ensevelie pres de son cercueil.

Des prières ont été dites, des cantiques traduits en Pima ont été chantés, puis les hommes de la famille ont empoigné des pelles et ont comblé la fosse. Cela a pris deux heures, les uns et les autres se relayant tandis que nous les ravitaillions d’eau fraiche.

Finalement, la tombe a pris l’aspect qu’elle a aujourd’hui, un monticule de sable blanc entouré de grosses pierres.

Un mémorial est prévu – il a lieu en général un an plus tard – au cours duquel la pierre tombale sera inaugurée. Ce mémorial comprend aussi un grand repas et la remise traditionnelle de cadeaux à tous ceux qui ont aidé la famille lors du décès et ont participé aux obsèques. Ce mémorial aura lieu l’été prochain pour permettre à la famille d’économiser ses ressources. La crise économique est passée par là !

Je me souviens avoir marché au bras de Larry, sous la même chaleur écrasante en aout 2001, sur la réserve Apache de San Carlos, à l’enterrement de Minnie. Larry avait trébuché sur le sentier caillouteux, typique des déserts d’Arizona, et j’avais pris son bras. Je sais qu’il m’aimait bien, il m’appelait sa fille, il était heureux que son plus jeune fils se soit marié, enfin à 40 ans, le mois précédent. Selon la tradition Apache, un mat était planté à la tête de nombreuses tombes, donnant une impression irréelle de port de pêche à ce cimetière en plein désert.

Larry était le cadet de dix enfants. Elevé dans l’eglise presbytérienne très présente au sein des Pimas, il est devenu pasteur à 23 ans. Son premier poste pastoral l’a conduit en Idaho, en terre Nez Perce, autre bastion Presbytérien.

C’est là qu’il a rencontré Eloïse, ma belle-mère. Ils ont eu huit enfants. En 1964, ils ont divorcé et en application des lois en vigueur en Utah ou ils vivaient alors, le juge lui a attribué la garde des enfants.

Larry s’est retrouvé père célibataire de deux filles et six garçons de 14 ans à 18 mois. Il a emmené tout le monde en Arizona où sa nombreuse famille l’a aidé. C’est ainsi qu’Irvin, né en Idaho, a grandi à Phoenix.

Quelques années plus tard, Larry a rencontré Minnie, elle-même veuve de pasteur, et s’est remarié.

Irvin et ses frères et sœurs, ont des souvenirs contrastés de Minnie et de son influence sur leur père. Un peu submergée par la présence de tant d’enfants à la maison, elle a insisté pour qu’ils soient envoyés en pension autant que possible. Si ces décisions ont été à l’origine d’années difficiles, ils n’en ont jamais voulu à leur père.

«Il avait l’autorité parentale, m’a dit un jour Irvin, et il pouvait prendre toutes les décisions qu’il voulait. Il aurait pu nous abandonner à des cousins, il aurait pu nous confier à la DDASS. Il nous a élevés du mieux qu’il pouvait, nous emmenant camper pendant ses vacances, se privant de nourriture quand il n’y avait pas assez pour tout le monde.»

Chaque fois que nous entendons parler d’enfants difficiles ou insolents, Irvin commente "ça ne se serait jamais passé comme ça avec mon père…"
Sur la photo, ci-dessus, Irvin est au premier rang à gauche.

Wednesday, July 29, 2009

Les 3 chiffres les plus redoutés

On les appelle «the 3 digits». Dans notre région, on les atteint rarement, mais aujourd’hui, ils sont là.

Les frères d’Irvin qui habitent l’Arizona envient la fraicheur du climat de notre Northwest l’été : soleil mais aussi une température clémente et des brises. Ces jours ci, ils auraient du mal à se sentir dépaysés par chez nous. Le soleil tape et la température est montée constamment jusqu'à atteindre aujourd’hui la barrière des 100 F (38 Celsius). [1]

«Aujourd’hui 28 juillet est le jour le plus chaud que notre région ait jamais connu» ont annoncé les journalistes de notre ‘weather channel’ local.

Tout le monde se plaint, évidemment. Nous sommes habitués à des averses répétées, c’est meme une sorte de sport local que d’en plaisanter et la plupart des maisons n’ont pas l’air conditionné contrairement à beaucoup d’autres régions.
Reste à se montrer créatif dans la disposition des ventilateurs et l’utilisation des glaçons…


[1] Pour convertir degrés Fahrenheit en degrés Celsius, voir message du 5 avril, “Gabriel et Anders sont dans un bateau ».

Monday, July 27, 2009

Une entrée en matière irrésistible

Les mariages américains sont en général très formels: la mariée a sélectionné un entourage d’amies, sœurs ou cousines, les "bridesmaids", qui portent toutes la même robe. Le marié de son coté a choisi ses "groomsmen" de la même façon.

La "maid of honor" ("matron of honor" si elle est mariée) est la "bridesmaid" en chef, spécialement chargée d'assister la mariée – c’est le "best man" qui a cette responsabilité pour le marié.

La cérémonie du mariage commence par l'arrivée solennelle de chaque bridesmaid, qui marche à pas lent vers l’autel, escortée d'un groomsman. Tout ça est très formel...

Dans la vidéo ci-dessous, les mariés ont imaginé une façon irrésistiblement rythmée et créative d'ouvrir leur cérémonie de mariage. Le mariage a eu lieu à St Paul (Minnesota) le 20 juin dernier.

La famille a mis la vidéo sur youtube pour que tous les membres de la famille puisse la voir et elle a eu un succes explosif : plus de 9 millions de visiteurs l’ont regardée. Devant cet enthousiasme, la chaine ABC a invité bridesmaids, groomsmen et mariés à répéter leur chorégraphie dans leur journal télévisé de ce matin.
A votre tour de la découvrir.
http://www.youtube.com/watch?v=4-94JhLEiN0

Au menu : saumon œcuménique !

Dimanche dernier, notre église accueillait 70 invités pour un diner de saumon organisé pour le bénéfice de Habitat for humanity.

Au menu : saumon sauvage argenté pêché par le gendre de Tony, un de nos elders, dans les rivières appartenant à la tribu Nooksack près du Canada, et cuit sur le feu, pommes de terre et wild rice cuisinés par les uns et les autres, et comme dessert, des framboises et des myrtilles cueillies la veille par Carol et Bud Moon, Natifs originaires de Californie qui depuis des années cultivent des fruits rouges dans leur ferme située dans la vallée de Puyallup.

C’était l’occasion de retrouver les amis originaires d’autres églises et confessions avec lesquels nous avons travaillés cette année, et de faire decouvrir notre église à tous.

Irvin accueillit les invités, et David, Inupiak d’Alaska par son père et Dakota par sa mère, joua une chanson sur sa flute Native.

Puis Amir Abdul Matin, à gauche sur la photo, qui est musulman, dit une prière, suivit du rabbin Bruce Kadden, qui nous avait tous accueillis en mars dernier dans sa synagogue a Tacoma[1].

Comme me le dit Irvin ensuite, «c’est sans nul doute la toute première fois qu’une prière musulmane et une prière juive sont dites dans notre eglise !»

Tandis que Tony et son père Joe faisaient cuire les derniers saumons à l’extérieur, le groupe de danseurs Inupiak de Tom, un de nos elders, présentait leurs danses et leur culture à l’assistance.
Leur vêtements traditionnels (regalia) de ces Natifs originaires d'Alaska comportent gants et fourrure, ce qui est parfois une épreuve quand on se produit en été ! Les danses étaient accompagnées de chants et de tambours, larges et plats, et battus par-dessous par de longues baguettes. Et a la fin, chacun fut invité à se joindre à la danse.
Pour voir plus de photos de l'évenement, cliquez sur ce lien:



[1] Voir message du 31 mars 2009, “une nuit pas comme les autres au temple Beth El”.

Thursday, July 16, 2009

Glorieuses nouvelles du jardinier

Bon, c’est un début modeste, mais après des semaines de perplexité devant une petite plante boudeuse, quelle satisfaction de voir le début de l’amorce du commencement de ce qui est, de toute évidence, un futur concombre !
Pour le moment, il mesure carrément un centimètre et demi…

Quel succès retentissant pour la débutante que je suis, qui va de pair avec le triomphe éclatant enregistré du côté du plant de fraisier (trois fraises et demi dégustées depuis avril, et ce n’est pas fini !) L’overdose d’autosatisfaction n’est pas loin… (soupir heureux)

Wednesday, July 8, 2009

Irvin en terre Nez Perce

“God Ki Piwaukunyu Hanaka Nun” - “Que Dieu soit avec vous jusqu’à nos retrouvailles" (langue Nez Perce)

Irvin est depuis aujourd’hui, en Idaho, à Talmaks. Ce mot signifie en langue Nez Perce “butte on the prairie”. C’est sur cette colline, au-dessus de la ville de Lewiston, que se réunissent les chrétiens Nez Perces pendant deux semaines fin juin et début juillet. Des cultes y ont lieu chaque jour – Irvin, arrivé cet après –midi a assuré la prédication ce soir – et des études bibliques tous les matins.

Talmaks est un de ces endroits où l’Esprit souffle, un lieu pour retrouver son énergie, et partager des moments heureux avec famille et amis.

Un rassemblement annuel depuis plus de 100 ans…
L’origine de ce rassemblement remonte aux années 1880. Pendant plusieurs jours, les Nez Perces qui ne s’étaient pas convertis au christianisme organisaient des réjouissances lors de la fête Nationale du 4 juillet, le «white man’s independence day», avec de l’alcool, des rixes, des jeux d’argent, des courses de chevaux… et cela tentait ceux qui, en se convertissant, avaient renoncé à ce type de festivités.

A la suite du grand Réveil (1871-74), les chrétiens Nez Perces eurent l’idée d’organiser leur propre rassemblement, à la même période, sur un thème religieux.
La tension entre les deux groupes monta d’année en année, les uns accusant les autres de les empêcher de se réunir pour prier, les autres leur reprochant la séparation ainsi créée au sein de la tribu, parfois même au sein des familles.

Finalement en 1897, un accord et un apaisement furent enfin trouvés entre les deux groupes. Cette même année, plus de 500 Nez Perces se réunirent pour prier et communier.

La tradition de ce camp annuel était née. Comme le climat est très chaud en été, il fut décidé de trouver un endroit «de température plaisante, avec abondance d’eau potable, de spacieux pâturages pour quatre ou cinq cents chevaux et suffisamment de bois et de place pour beaucoup de tentes.» Talmaks fut sélectionné et en 1910, le camp s’y déroula pour la première fois.

C'est là que montent les tribus...
La devise de Talmaks est tirée du Psaume 122, verset 4 « C'est là que montent les tribus, les tribus de l'Éternel, Selon la loi d'Israël, Pour louer le nom de l'Éternel. »
Des cultes et des études bibliques y ont lieu chaque année, ainsi que des feux d’artifices et une célébration du 4 juillet.

Les Nez Perces chrétiens s’y retrouvent fidèlement chaque année, et des membres d’autres tribus les rejoignent. Ainsi un groupe de Pimas, Natifs originaires d’Arizona, vient chaque année. Ils vont assurer le culte de jeudi prochain, et ont déjà demande a Irvin d’y precher aussi. Apres tout, Irvin est aussi Pima – c’est la tribu de son père, et celle où il est officiellement «inscrit» (‘enrolled’).

Pendant la duree du camp meeting, tous vivent et dorment sur la colline de Talmaks. Certains ont des petits chalets rudimentaires. D’autres campent, ou dorment dans des tipis. Les tipis sont une traditions des Indiens des plaines (Sioux ou Cheyenne par exemple) mais ils ont été adoptés par beaucoup d’autres tribus.

Même en plein été, il peut faire étonnamment froid la nuit à Talmaks. Je me souviens d’y avoir dormi toute habillée, avec plusieurs couvertures, installée avec Irvin dans la cabane de ma belle-sœur, et de me réveiller le visage glacé… impatiente de retrouver la chaleur du jour.

Sunday, July 5, 2009

La poursuite, c’est ça l’important.

La déclaration d’indépendance, dont l’adoption est célébrée le 4 juillet, proclamait originellement l’indépendance de 13 colonies britanniques en Amérique.

La déclaration récapitulait les doléances des colonies contre la couronne britannique, et les déclarait libres et indépendants. Apres l’établissement des Etats Unis, si la liste de doléances conserva avant tout un intérêt historique, la philosophie politique qui animait la déclaration influença de nombreux pays et à travers le temps garda une constante pertinence.

De nombreux américains connaissent par cœur ces lignes célèbres qui en font partie:

“We hold these truths to be self-evident, that all men are created equal, that they are endowed by their Creator with certain unalienable Rights, that among these are Life, Liberty, and the pursuit of Happiness.”
« Nous considérons ces vérités comme évidentes par elles-mêmes, que tous les hommes sont créés égaux, et qu’ils sont dotés par leur Créateur de certains Droits inaliénables, parmi lesquels figurent la Vie, la Liberté, et la poursuite du Bonheur. »

Certes, à l’époque, cette liberté si évidente existait avant tout pour les hommes Blancs d’origine Européenne… une situation qui s’est améliorée par la suite – mais encore en construction.
Ce qui est intéressant aussi de noter, c’est, aux cotés de la Vie et de la Liberté, le Bonheur, avec une majuscule –non garanti, mais sa poursuite est un droit sacré.

Saturday, July 4, 2009

Aujourd'hui 4 Juillet, fête nationale américaine.

Le 4 juillet, fête nationale américaine, commémore l’adoption formelle de la Déclaration d’Indépendance pas le Continental Congress, qui eut lieu le 4 juillet 1776 à Philadelphie – même si le document fut signé par les membres du congrès en août.

Le 8 juillet 1776, la Déclaration fut lue à haute voix a Philadelphie, les cloches de la ville résonnèrent et des orchestres se firent entendre dans toute la ville. Le 4 juillet ne fut cependant déclaré officiellement jour férié qu’en 1941.

Réunions familiales et amicales, barbecues et feux d’artifice sont les habituelles activités de ce jour. Certains états continuent de permettre la vente libre de feux d’artifice et notre état de Washington est l’un d’eux. Plusieurs de nos voisins organisent de vrais spectacles pour leurs enfants dès la nuit tombée.

Déjà, en plein après-midi (il est à peine 17h en cet instant précis) des pétards incessant se font entendre – un grand moment d’émotions mêlées au sein de la population canine de la maison, parmi lesquelles on peut discerner indignation, excitation, ardeur guerrière et peur panique.