Thursday, April 1, 2010

La protestation solennelle de Marie-Madeleine.

Ce n’est pas un récit que l’on trouvera dans la Bible, mais une de ces légendes pleines de sens dont la portée symbolique nous instruit.

Marie-Madeleine, première apôtre de la résurrection, décida d’organiser une protestation solennelle à la cour de César peu de temps après la crucifixion de Jésus.
Elle alla à Rome et, prospère femme d’influence, obtint une invitation à diner à la cour de Tiberius César. Son intention était de dénoncer l’injuste condamnation de Jésus par Ponce Pilate et de proclamer la résurrection.

Lors du diner où de nombreux invites etaient présents, Marie-Madeleine se leva et comme elle l’avait décidé, décrit la condamnation de Jésus et sa résurrection.
Apres qu’elle se fut exprimée, l’empereur prit un œuf dur et le montra à son invitée. «Il ne peut pas etre ressuscité, pas plus que cet œuf ne peut devenir rouge.» Et l’œuf qu’il tenait entre ses doigts changea soudain de couleur, devenant rouge vif.

Si cette histoire n’a pas de prétention historique, elle explique les icônes Orthodoxes montrant Marie-Madeleine, un œuf rouge à la main, et la raison pour laquelle les Chrétiens d’Orient peignent leurs œufs de Pâques en rouge - commémorant la façon dont Dieu parfois agit d’une façon complètement inattendue.
Cette histoire est racontée par Rev. Anne Howard de Beatitudes Society, et je l’ai citée dans le sermon du dimanche des Rameaux.

Wednesday, March 31, 2010

Fevrier a disparu...

Une petite église blanche qui vient d’avoir 100 ans : c’est l’église presbytérienne de Mineral, un village près d’un lac dans les environs du Mont Rainier. J’étais invitée à y precher en ce dimanche des Rameaux, sous la pluie printanière. Le sanctuaire sentait bon le vieux bois ciré et les paroissiens – une petite vingtaine – m’ont accueillie gaiement. Quel meilleur endroit pour partager Palm Sunday – le dimanche des Rameaux ? Même si les rameaux ne sont pas mentionnés dans le texte de Luc proposé par le lectionnaire.

Cette invitation au sermon permet de réfléchir aux subtiles différences entre les Evangiles… et aussi d’admirer la beauté des paysages du Northwest, partagés entre campagne, océan et montagne.

Les indices concordent : Pâques est là. J’ai du mal à m’y faire. Février a littéralement disparu du calendrier. Janvier s’est confondu avec les examens d’ordination. Si l’exégèse, que j’avais plusieurs jours pour écrire avec un accès libre aux documents ne m’inquiétait pas trop, j’étais perplexe sur l’épreuve de Théologie.

Avais-je expliqué convenablement la différence entre justification et sanctification ? Rédigé une prière acceptable pour le baptême d’un petit enfant – elle devait esquisser un parallèle avec le don offert par Dieu à chacun des croyants ? Discuté avec une sagacité suffisante avec plusieurs paroissiens imaginaires, qui insistaient sur la primauté de la contemplation de la nature pour comprendre Dieu – pas besoin de Bible ? Suspense…

En février, j’ai rencontré le comite de préparation au ministère, et comme je voulais passer a l’étape suivante de mon cursus (de « inquirer » devenir « candidate ») je me suis coltinée avec six «essay questions», me demandant par exemple de rédiger «a statement of personal faith which incorporates an understanding of the Reformed tradition» ou «An analysis of at least one concept from the personal statement of faith, regarding what it suggests from God, humanity and their interrelationships» sans oublier «A statement of self-understanding which reflects your personal and cultural background and includes a concern for maintaining physical, spiritual and mental health». Mes réponses (empreintes de sagesse pastorale comme il se doit) sont disponibles sur simple demande. La réunion avec le comité s’est passe sans encombre, et le Presbytery (les pasteurs et elders des cinquante églises de la région qui se réunissent une fois tous les deux mois) a confirmé mon nouveau statut. Et j’ai appris le même jour que j’avais réussi mes examens. Alleluia !

Nous sommes dans les activités et célébrations de la semaine sainte et aussi dans un insolite retour d’hiver. Il a tout a la fois plu, grêlé et neigé cet après-midi. On dirait que ce mois de Février porté disparu cherche à se venger…

Pour Jean-Louis

Merci pour votre message que je découvre en retournant à mon blog après quelques semaines un peu trop bousculées pour m’exprimer! Le CPR a été ma première paroisse, celle qui m’a guidée vers la théologie et je suis reconnaissante de votre dévouement !

Thursday, January 21, 2010

Veille d’examen


Nous y sommes. Demain matin (vendredi donc), theology competency exam pendant trois heures : trois questions d’une heure chacune, dont deux tirées de situations concrètes («un paroissien vous dit que….. quelle est votre réponse ?»).

Je rentrerai en possession des questions de l’examen suivant, Biblical exegesis, sur lesquelles je travaillerai à la maison pendant 6 jours. Je dois rendre ma copie à 9 heures du matin jeudi. J’aurai le choix entre un texte tiré du premier livre des Rois, ce qui impliquera l’utilisation de l’hébreu, langue d’origine du livre, ou de l’évangile de Marc, où je devrais ranimer mes souvenirs de grec.
Dilemme : j’ai toujours préféré l’hébreu, et j’ai eu l’occasion de le pratiquer régulièrement toutes ces dernières années grace à mes élèves. Mais je connais mieux l’évangile de Marc, sur lequel j’ai prêché plusieurs fois, et j’ai plus de livres de références pour m’aider.

Je penche pour Marc – à moins que le texte du premier Testament soit 1 Rois 19, un de mes textes préférés de toute la bible, Dieu qui soutient Elie et vient a lui «comme un souffle fragile». Dilemme, dilemme. A suivre…

Monday, January 11, 2010

Théologie, soleil et petite chèvre

Ces deux derniers jours, nous aurions pu nous croire au début du printemps : aperçu de ciel bleu, hausse de température et même quelques rayons de soleil. De quoi se sentir presque mal a l’aise de tant de douceur quand le reste du continent américain et l’Europe se débattent dans la neige.

Je continue mes révisions pour mon examen de théologie qui aura lieu le 22 janvier. Je suis plongée dans des livres intitules «Presbyterian Beliefs» et «Christian Doctrine», et je me familiarise avec les differents confessions de foi qui ont été rédigées au cours des siècles par l’eglise. Ah, s’il suffisait de méditer sur la façon dont nous, humains, nous voyons à travers notre vision des extra-terrestres … Le 23 janvier, je commencerai a travailler sur l’autre examen, Bible Exegesis, qui se rédige sur 7 jours chez soi, avec accès aux documents.

Irvin et moi sommes aussi allés voir Brian, qui se trouve à présent dans le service de rééducation de l’hôpital de Puyallup, Good Samaritan. C’est la première fois que je le voyais depuis son accident, il y a trois semaines, et toutes les blessures, coupures, contusions dont Irvin m’avait parle ont guéri. Il a l’air en pleine forme… Reste l’etat de son cerveau. Brian continue à avoir du mal à parler – les mots s’enchainent les uns aux autres, indistinctement, et il a du mal a trouver le vocabulaire dont il a besoin. Il marche, mais il trébuche dès lors qu’il n’est pas totalement concentré sur les pas qu’il fait. Son cerveau a encore du mal à trier les informations variées qui lui parviennent – s’il est distrait, c’est comme s’il ne discernait plus ce qui se trouve à la périphérie de sa vision. Quant tout fonctionne correctement, on ne réalise pas tout ce que notre cerveau effectue sans que nous y pensions…

En revenant de l’église, hier, nous sommes passés à proximité de chevaux au pré – en soi rien de surprenant. Nous vivons dans un quartier encore rural[1].
Mais j’ai tout de suite remarqué quelque chose d’étrange, une forme sombre recroquevillée sur le dos d’un des chevaux. C’était une petite chèvre ! Irvin a arrêté la voiture pour que je puisse prendre une photo. La chèvre s’est redressée en m’entendant approcher, puis s’est recouchée paisiblement. Visiblement, le dos de son compagnon lui paraissait convenir pour une bonne sieste, et le cheval semblait apprécier sa compagnie…



[1] Voir “Raton-laveurs, aigles et coyotes” 21 novembre 2008

Saturday, January 9, 2010

Hypocrite alien, mon semblable, mon frère…

Nous sommes allés voir Avatar aujourd’hui, et nous avons ainsi passé deux heures et demi loin de la pluie interminable, dans les forets exotiques de Pandora.
Bien que situé sur une planète lointaine, et au milieu de superbes extraterrestres bleus, on se sent très vite en terrain connu dans Avatar. Les «gentils» sont attachants. Les méchants sont coriaces et retors à souhait.

L’histoire est une sorte d’adaptation libre de «Danse avec les Loups», avec une fin plus optimiste, comme une revanche sur l’histoire américaine. Les aliens ont de nombreux traits communs avec les Indiens : cheveux longs, osmose avec la nature, mêmes cris enthousiastes quand ils enfourchent une monture. Et bien sur, le héros tombe amoureux de la fille du chef…

Ce film est une sorte de parfaite antithèse de «District 9» que nous avons vu en DVD il y a quelques jours. Dans District 9, on ne quitte pas la Terre – ce sont les extraterrestres qui viennent à nous - mais on n’éprouve pas le confort familier qu’inspire Avatar – on n’a aucune idée de la direction que va prendre l’histoire. Les aliens ne sont ni beaux ni exotiques, mais vaguement repoussants - ils ressemblent à des insectes, ou a des crevettes – et ils sont confinés dans une sorte de bidonville en Afrique du Sud...

Le héros n’est pas sympathique, mais on suit ses pérégrinations avec une fascination horrifiée. Au fur et à mesure que sa vie déraille, qu’il perd son statut protecteur d’homme et qu’il s’allie avec un alien pour survivre, il devient humain, plus que ses anciens collègues qui le poursuivent avec un acharnement proche du sadisme. Etre humain, qu’est-ce que c’est ? Qu’est-ce qui nous pousse à agir «humainement» ?

Dans ces deux films, les minorités opprimées du passé inspirent des visions d’être venus d’ailleurs, fascinants, d’abord incompréhensibles puis inspirant des sentiments fraternels. Leur rôle semble etre avant tout de confronter le héros avec ses contradictions avant de l’encourager à se dépasser et a s’accomplir en devenant leur sauveur improbable.
Que ferions-nous sans les extraterrestres pour nous sauver de nous-mêmes ?

Saturday, January 2, 2010

Twenty-Ten Jour 1

Il faut bien s’y résoudre, l’année 2010 (ou “Twenty-ten” comme certains journalistes l’appellent) est commencée. Le mois de janvier va etre chargé, et tous ces derniers jours, je préférais ne pas y penser, me disant «on verra l’an prochain…» En quelques heures, l’an prochain m’a sournoisement rattrapée !

C’est le moment des résolutions, celui où on s’engage vis-à-vis de soi même à etre plus active, manger plus sain, renoncer une fois pour toutes à l’irrésistible breuvage ambré qui me fait signe bien trop souvent au cours de mes journées – oui, je suis « addictée » au coca cola… Parfois, ces résolutions nous poussent trop loin, aux limites extrêmes de l’humainement possible, par exemple ouvrir tous les cartons de notre dernier déménagement, alors qu’ils attendent patiemment depuis septembre 2006…

En cette première soirée 2010, Irvin et moi avons joué au billard (j’ai gagné), au bowling (il a gagné), nous avons fait la course chacun sur le dos d’une vache au milieu d’obstacles que nous avons envoyés valdinguer dans notre galop éperdu, et nous avons terminé par quelques parties de tennis qui nous ont laissé essoufflés comme nous l’espérions. Autrement dit, nous nous sommes offerts Wii pour Noël et nous ne sommes pas déçus.
Les chiennes, elles, sont perplexes : elles nous voient faire de grands gestes dans cet espace, devant la TV, où nous sommes en général plutot calmes...
Mon revers est éblouissant, soit dit en passant.