ANNE-CECILE NEWS - Ce blog retrace mon quotidien, celui d'une française vivant aux USA dans une communauté Native américaine. Irvin, mon mari est issu de tribus d'Arizona et d'Idaho, il est aussi le pasteur de la Church of the Indian Fellowship, une petite église située sur la réserve des Indiens Puyallup, au sud de Seattle, au pied du volcan Mt Rainer. J’ai été ordonnée Pasteur à mon tour en novembre 2014.
Tuesday, June 22, 2010
Qu’est-ce que c’est??
Quand deux rivières se rencontrent…

Pendant le Carême cette année, trois églises de Tacoma, Peace Lutheran, l’église Methodiste Miles et notre église Presbyterienne Church of the Indian Fellowship, qui sont trois églises dont les membres appartiennent majoritairement à trois origines éthniques différentes (Caucasienne, autrement dit Blanche, Noire et Native Américaine) se sont rencontré regulierement pour des «Conversations around Race». Des rencontres pour partager, expliquer et explorer souvenirs et préjugés. C’était très intéressant – et pour moi l’occasion de mieux connaitre l’histoire très récente de la société américaine, et aussi de confronter mes propres préconceptions…
Selon l’expression de John, le pasteur luthérien, c’était l’occasion de s’efforcer de placer la lettre G du mot « Grâce » devant le racisme, et considérer le monde avec « grâcisme », c'est-à-dire à travers le prisme de l’amour divin.
D’un commun accord, ces rencontres se sont poursuivies après Pâques, et nous nous retrouvons à présent une fois par mois, autour d’un diner que chaque eglise pourvoit à son tour, et un film à regarder et commenter ensemble.
Jeudi dernier, tout le monde s’est réuni dans notre eglise autour d’un documentaire intitule «Two Rivers» sur la réconciliation entre deux communautés, Native et Blanche, à l’est de l’Etat de Washington, près de la Réserve Colville. Ce documentaire est passionnant sur le plan historique et poignant.
Le diner était typiquement Natif : Indian Tacos, c'est-à-dire fry bread (galettes frites) recouvert d’ingrédients parmi lesquels purée de haricots rouges, bifteck haché, lanières de salades,
tomates concassées, crème fraiche…. C’est très nourrissant – à ne pas consommer tous les jours - et étonnamment bon. A partir de la pâte confectionnée à l’aube par notre Elder Tony, Irvin a façonné les galettes de fry bread. C’est une étape délicate, car la pate est collante (quand c’est moi qui m’y essaie - elle reste légère et docile quand Irvin est aux commandes…). Et finalement, c’est l’étapes cuisson dans une marmite d’huile bouillante (ça, je peux assurer…)
Et c’est ainsi que nous avons partagé le fry bread de l’amitié.
Et c’est ainsi que nous avons partagé le fry bread de l’amitié.

Sunday, June 13, 2010
Une messe à Paris pour Hugues Madesclaire

Les amis parisiens d’Hugues vont se retrouver pour une messe lundi 14 juin à 19h en l’église Ste Elisabeth de Hongrie. Une occasion pour tous, y compris ceux qui sont trop loin pour etre présents physiquement, d’etre en communion de prière…
Entendre à nouveau la voix d’Hugues est un moment privilégié de réminiscence… Sur le site du diocèse de Marseille, à la page Parole du Jour, Hugues avait enregistré le 1er avril un commentaire de l’évangile de Jean. http://marseille.catholique.fr/Jeudi-1er-avril-Parole-du-jour
Saturday, June 12, 2010
Frivoles, vous avez dit frivoles ?
Les juristes n’ont pas bonne presse aux Etats Unis. Est-ce justifié ? L’ancienne avocate en moi se souvient que les membres du Barreau forment un bouc émissaire commode. C’est toujours la solution de facilité que de les confondre avec les personnes qu’ils représentent.L’impopularité des avocats américains provient souvent de ce qu’on appelle ici les «frivolous lawsuits» dont chacun supporte, parait-il, les conséquences dans leurs primes d’assurance. C’était l’objet du discours d’un des membres du club Toastmasters dont je fais partie pour améliorer mon anglais.
Imaginez que vous jouez au golf sur un terrain situé le long d’une voie ferrée. Vous effectuez un «swing» éblouissant, la balle de golf prend son envol, disparait de vue puis revient tel un boomerang pour vous frapper en plein visage. Elle a rebondi sur un train de passage. Votre réflexe ? Attaquer l’equivalent de la SNCF, et apparemment vous faites bien puisque vous obtenez une somme rondelette en dédommagement.
Le cas de la cliente qui glisse sur le sol trempé et glissant du restaurant et se fracture le coccyx parait plus légitime. Si ce n’est qu’elle venait de jeter le contenu de son verre au visage de son boyfriend et que le sol était mouillé pour cette raison. Poursuivi, le restaurant a été condamné à lui verser des dommages et intérêts.
Vous êtes un skieur ? Il parait que les tickets de remonte-pente avertissent gravement que «le ski est un sport dangereux» à la suite d’un procès intenté par un skieur maladroit, indigné après une chute qu’on ne l’ait pas prévenu que skier présentait des risques.
Steve, l’auteur du discours, a conclu cette énumération par un appel à la mobilisation de chacun : faites entendre votre voix auprès de vos représentants parlementaires pour amender notre système judiciaire. Une suggestion qui ne s’applique pas a moi, qui ne suis pas américaine. Mais ce discours m’a permis de glisser à Steve, ardent patriote qui a émis souvent l’idée que ce pays est l’exemple à suivre pour tous les autres «France is not that bad…»
Thursday, June 3, 2010
Une invitation à la danse signée Trinité
Les Pères de l’Eglise utilisaient un mot grec pour décrire la Trinité : Perichoresis, ce qui signifie «danser autour» - peri (autour) et choresis (danse, comme dans le mot chorégraphie) - indiquant que la raide description «trois personnes, un seul Dieu» ne peut suffire à définir la dynamique Divine, toujours en mouvement et qui nous invite à participer à la danse.«Le Dieu qui est ‘JE SUIS’ (Exode 3 :14) n’est jamais seul, car l’essence même de Dieu est d’être en relation» commente le Rev. Charles Robertson, un prêtre Episcopalien. Il ajoute – à juste titre – que cette vidéo en est l’illustration involontaire et si joyeuse.
http://www.youtube.com/watch?v=zlfKdbWwruY
Friday, May 28, 2010
La Trinité et autres jeux de plages
Traditionnellement, le dimanche qui suit la Pentecôte est appelé dimanche de la Trinité. C’est le moment où jamais de méditer sur le mystère le plus déconcertant de la foi Chrétienne et d’essayer d’en tirer une réflexion qui ne fasse pas tomber le paroissien le mieux disposé dans un sommeil léthargique.
Saint Augustin, un de nos Pères de l’Eglise et théologien Africain du 4eme siècle, a consacré dix ans de sa vie à écrire sur la Trinité, et il en est résulté quinze volumes. On raconte qu’un jour, plongé dans ses pensées, il marchait sur une plage, quand il observa le manège d’un petit garçon, un seau à la main et très affairé. Le petit garçon courait vers les vagues et remplissait son seau, puis retournant vers la plage, versait l’eau dans le trou qu’il avait creusé. Augustin lui demanda «qu’est-ce que tu fais ?». Le petit garçon répondit «J’essaie de faire tenir la mer dans le trou». Augustin réalisa soudain que c’est exactement ce qu’il essayait de faire lui aussi – faire tenir un Dieu infini dans l’espace de son esprit humain.
Je vais peut-être commencer ma prédication avec cette histoire…
Wednesday, May 26, 2010
Quand un bébé enseigne l’empathie aux enfants des écoles…
Quand un «bully»[1] s’acharne sur un de ses camarades à l’école, cela donne dans le meilleur des cas de mauvais souvenirs pour la victime, dans le pire, un suicide. Ce phénomène se retrouve dans l’actualité américaine avec une navrante régularité.Comment faire diminuer le nombre de ces agressions ? De nombreux programmes existent, parmi lesquels Roots of Empathy. A partir d’études en neuroscience qui montrent que le cerveau est bâti pour établir des relations avec autrui fondées sur la compassion et la coopération, ce programme invite un bébé de 10 mois et sa mère dans des écoles.
Les enfants jouent avec le bébé sous la direction d’un instructeur du programme. Ils observent la relation entre le bébé et sa mère. Quand il pleure, ils sont invités à deviner ce qui lui arrive et comment le soulager. Ce programme est unique, commente le Dr. Siegel, un professeur de psychiatrie de UCLA (université de Los Angeles) parce qu’il «combine l’observation directe de bébés et de leur mère avec un temps hebdomadaire de discussion sur la façon dont l’esprit fonctionne».
Les «bullies» sont souvent coupés de leurs propres émotions et ne réalisent pas ce que ressentent leurs victimes. En apprenant aux enfants à appréhender ce qu’ils ressentent, à discerner ce que peut ressentir un bébé – un etre vulnérable qui ne cache rien – on leur permet de maitriser ce qu’ils ressentent, ce qui leur permet de comprendre leur impact sur leur environnement.
Le programme Roots of Empathy, fondé en 1996, a eu des résultats spectaculaires : 9 études indépendantes ont montré que le nombre des agressions avait notablement baissé. Le Dalai-Lama, qui a rencontré ses fondateurs, a estimé que ce programme encourageait la paix dans le monde.
Pour en savoir plus sur ce programme fascinant, que j’ai découvert dans un article du Times de Maia Szalavitz, suivez ce lien. http://www.time.com/time/magazine/article/0,9171,1989122,00.html
La photo représente mon délicieux cousin Younis le jour de son premier anniversaire.
[1] littéralement une brute ou tourmenteur, mais le mot n’a pas de vrai equivalent en français.
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