Friday, March 11, 2011

Quant la Terre tremble…


Ce qui est arrivé hier au Japon est le scenario catastrophe que tous craignent par chez nous : un tremblement de terre dévastateur suivi d’un tsunami. Chacun prend d’autant plus à cœur ce qui vient d’arriver de l’autre côté de l’océan Pacifique que cela peut se produire d’un jour à l’autre ici. La côte ouest des Etats Unis forme un des bords de la «ceinture de feu» qui comprend aussi le Japon – une large circonférence de volcans correspondant à des plaques tectoniques qui glissent les unes sous les autres.

Les villes sur la côte, à deux heures de Tacoma, ont fermé les écoles. Chacun là bas s’est préparé à évacuer à l’approche des vagues du tsunami. Cela ne s’est pas avéré nécessaire. La marée a été plus haute que d’habitude et a malmené les bateaux dans les marinas, c’est tout. Un exercice grandeur nature en somme, ont commenté les officiels.


Tandis que l’aide internationale s’organise pour soutenir le Japon, des «vagues de prières» se transmettent d’un mur à l’autre sur Facebook.


•´¯`•.´¯`•.¸¸.•´¯`•.¸PRAYER WAVE¸.•´¯`•.´¯`•.¸¸.•´¯`•.¸ Going out to all those affected in the Pacific and everywhere else affected by the earthquake and tsunami.

Le dernier tsunami destructeur de notre région a eu lieu il y a 311 ans. La dévastation survenue au Japon – un pays pourtant préparé aux tremblements de terre – rappelle à chacun ici que nous ne faisons que marcher sur la surface de la Terre. Ses secrets et sa vie intérieure nous échappent.

Sunday, March 6, 2011

Clichés du dimanche matin


Couper en dés courgettes, oignon, pomme et céleri n’est pas forcement en tête de liste de mes activités préférées du petit matin. Mais le dimanche est un jour à part. C’est le jour où, à 6h du matin, je jette des ingrédients pêle-mêle dans le slow cooker, sous une pluie légère d’épices variées. Ça vaut le coup – une délicieuse odeur de plat mijoté nous accueillera au retour de l’église en début d’après-midi.
Apres avoir embrassé un mari ensommeillé et deux chiennes qui connaissent la routine de la journée, je mets dans le coffre d’une voiture (celle qu’Irvin prendra) un thermos d’eau chaude, un gâteau et du jus d’orange et je file avec l’autre véhicule à First Pres de Puyallup, l’église où j’ai fait mon stage cet été, pour leur culte contemporain de 9h du matin. Je chante avec leur «praise team» et on répète à 7h30.
Je ne suis pas toujours exactement à l’heure… mais j’arrive néanmoins raisonnablement éveillée (merci Gurosan) et nourrie. Ma création personnelle de petit déjeuner (muffin tartiné de beurre de cacahouète et fourré de jambon et de germes d’alfalfa) peut se grignoter en voiture – une recette qui, j’en suis bien consciente, ne peut que faire l’unanimité dans la désapprobation tant du coté américain que français. Les américains mangent le beurre de cacahouète avec de la confiture. Les français ne le mangent pas et ne se précipitent pas non plus dès l’aube sur l’alfafa et le jambon.
Le culte contemporain de First Pres est largement composé de chants de louanges que l’assistance reprend en cœur avec la praise team. Y figurent aussi une prière de confession et le sermon de Pastor Sue suivi d’une prière pastorale.

La praise team est composée d’une autre chanteuse (les volontaires alternent selon les semaines) une pianiste, un guitariste et un bassiste -une ambiance stimulante et la découverte d’un répertoire pour moi inédit. J’ai aussi le plaisir de bavarder avec les personnes connues et appréciées pendant mon stage cet été.

A la conclusion du culte, je roule vers la Church of the Indian Fellowship où Irvin vient de commencer à 10h l’étude biblique qui précède le culte. En prenant River Road, la route qui, comme son nom l’indique, suit le cours de la rivière Puyallup, j’y suis en 10 minutes.

Notre culte est beaucoup plus traditionnel et les hymnes datent pour la plupart du 19eme siècle – ils sont toutefois chantés avec enthousiasme par une audience dont une bonne part est née au 21eme siècle. Le groupe d’enfants qui compose notre école du dimanche s’agrandit régulièrement et j’assiste désormais une des monitrices qui enseigne le groupe des «grands».

Les enfants assistent au début du culte avant de s’éclipser pour leurs classes. Ils reçoivent d’abord un petit déjeuner chaud (petites saucisses et pancakes) avant de se diriger vers leur salle respective.

Avec les 8 enfants de notre groupe, nous parlons du texte de l’évangile de Jean – Marie verse un parfum de grand prix sur les pieds de Jésus. Un cadeau insensé. Donner un cadeau, recevoir un cadeau – quel sens y trouver ?
Toutes les générations se retrouvent ensuite pour la «coffee hour» : l’occasion de bavarder en buvant jus d’orange, thé ou café avec une tranche de gâteau ou un biscuit.

Quand Irvin et moi rentrons finalement à la maison, nous sommes accueillis par des chiennes joyeuses qui se réveillent de leur longue sieste matinale, et par les effluves appétissants émanant du slow cooker – curry de dinde aujourd’hui.
 Ces dimanches matins ont un aspect apaisant en dépit du chevauchement d’activités. Pendant ces quelques heures, on ne peut qu’être concentré sur le moment vécu.

Il sera temps, quelques heures plus tard, de revenir aux émotions désordonnées et aux projets complexes dont l’aboutissement est trop souvent reporté à un improbable futur proche – bref à la grande fresque décousue de ma vie.

Sunday, February 20, 2011

L’œil de Dieu a huit cotés.


En présence de pelotes de laine, en France, je pensais seulement : tricoter, aiguilles, mailles, multiples tentatives. Maintenant je pense aussi : God’s Eyes. Ces constructions géométriques et colorées, que l’on trouve aussi au Mexique et en Amérique du Sud, représentent en son centre l’œil de Dieu et le monde tout autour – à moins que ce ne soit le cosmos.

Les God’s Eyes sont notre deuxième étape au cours des séances d’artisanat à l’eglise. Ils se bâtissent sur deux bâtons en croix – quatre branches, quatre cotés, en alternant les couleurs. On peut trouver des instructions sur internet (http://www.allfreecrafts.com/nature/ojo-de-dios.shtml ). Pour se lancer dans des God’s Eyes plus complexes et contempler des créations étonnantes, le site de Jay Mohler est à voir. (http://www.ojos-de-dios.com/)
Samedi, je me suis lancée dans mon premier God’s Eye à huit cotés. On commence avec deux God’s Eyes simples, que l’on réunit ensuite. Le résultat est censé être circulaire et non  octogonal, comme ici. Mais ce premier essai ouvre des horizons…

Saturday, February 19, 2011

Les rêves n’ont qu’à bien se tenir !


Depuis le début de l’année, les membres de notre petite congrégation consacrent une bonne part de leurs weekends à une noble tache : créer des objets d’artisanat que nous pourrons vendre au profit de l’église. L’artisanat Natif Américain est beau et coloré ; quand on l’explore, on entre - comme dirait Baudelaire - dans une forêt de symboles exotiques et pourtant familiers.

Nous avons commencé par nous atteler aux «dream catchers». J’ai déjà eu l’occasion de parler de ces filtreurs de rêves qui interceptent les cauchemars [1].

Il s’agit de créer un entrecroisement au centre d’un cerceau qui peut être en bois, en métal recouvert de fines lanières de cuir ou constitué de branches d’arbres souples, comme le suggèrent les instructions que l’on trouve au lien suivant : http://www.nativetech.org/dreamcat/dreminst.html



Pour créer la toile qui filtrera les rêves, une cordelette fine et solide fait l’affaire. Nous utilisons une imitation de ‘sinew ‘ (tendons de bœuf) que nous avons trouvée chez un tanneur. Ce lien translucide et robuste est idéal pour notre usage.
Au fil de l’ouvrage, il est traditionnel d’ajouter une perle qui représente l’araignée. Des perles et plumes décorent l’objet. Le dream catcher à droite vient d’être terminé par Tony, un de nos Elders – aussi notre enseignant.  

Le dream catcher est limpide à réaliser tout en requérant une grande précision ainsi qu’une main ferme pour que la cordelette soit toujours bien tendue pendant la confection de l’objet - sous peine de voir la toile devenir un panier de basket miniature. Un sommeil heureux est à ce prix !

[1] Voir “Les gardiens du rêve” 12 juillet 2010

Thursday, February 10, 2011

Un ciel sans limite


Mercredi dernier, comme tous les deuxièmes mercredis du mois, j’ai passé la journée avec le Comite de préparation au ministère. J’appartiens à ce comité, qui me suit aussi dans mon parcours vers l’ordination.

Ce comité m’a permis de mieux connaitre et apprécier le groupe de pasteurs et d’elders (conseillers presbytéraux) qui donnent leur temps pour aider le discernement et le cheminement de ceux qui se sentent appelés à devenir pasteurs.

L’un d’entre eux, Eric Jacobsen, pasteur d’une grosse église à Tacoma, vient de perdre son père début janvier. Au printemps dernier, celui-ci a reçu un diagnostic de cancer du pancréas. Devant la gravité de son état et le peu de temps qui lui restait, il a refusé tout traitement. Il s’est ainsi senti en forme pendant les six derniers mois de sa vie jusqu'à quelques jours avant sa mort. «Toute notre famille a vécu avec lui tant de moments importants ces derniers mois… a commenté Eric. Nous avons vécu l’equivalent de plusieurs années.»

Dans ce même comité, Max dont j’ai déjà parlé en novembre [1] - il vient avec sa belle chienne Anna Murray – affronte à son tour un diagnostic difficile. Un mélanome découvert l’été dernier, déjà à un stade avancé, et cette semaine la révélation d’une tumeur au poumon. «C’est déroutant de se savoir si malade quand on se sent par ailleurs si bien, nous a-t-il dit. Déjà envisager la fin de la route…» Max a fêté ses 60 ans en octobre dernier.

Les médecins américains, on le sait, ne cachent pas la vérité à leurs patients, même si elle est fatale. Affronter la perspective d’un avenir limité – c’est presque insurmontable. Mais vivre chaque jour en connaissance de cause est peut-être à ce prix. Chaque jour a un ciel sans limite.

[1] Voir 12 novembre 2009 “le sourire de la chienne leopard"

Friday, January 28, 2011

Nuages lenticulaires en vue !

Ce n’est pas si mal de vivre sous un climat nuageux. Le nuage, en soi, donne du relief au ciel. Les interactions avec les proéminences terriennes sont aussi pleines d’intérêt.
Notre volcan local, le Mont Rainier, produit des effets nuageux originaux pour peu que le taux d’humidité s’y prête. Dans ces cas la, des nuages lisses, dit lenticulaires, se forment – on dirait presque des soucoupes volantes. J’ai pris cette photo mercredi dernier près de chez nous. En cliquant dessus, vous pourrez voir la photo en taille réelle.

Sunday, January 23, 2011

Irvin tourne 50 – un anniversaire américain


Mercredi dernier, Irvin «a tourné 50» comme on dit ici – autrement dit, il a célébré son cinquantième anniversaire. J’ai organisé une petite réunion de famille et de paroissiens à l’église le soir dit. L’occasion de passer en revue quelques usages et coutumes locales pour fêter un anniversaire dignement.

Le gâteau : il est traditionnellement plat et rectangulaire et a en général peu d’intérêt sur le plan gustatif. Il s’agit le plus souvent de deux couches de génoise (qu’on appelle ici «sponge cake») séparées par une strate de «frosting» - une sorte d’émulsion sucrée qui recouvre aussi le gâteau entier en un glaçage crémeux.
coupe transervale
La platitude du gâteau permet d’insérer un bas-relief de félicitations sur sa surface plane, voire - pour les spécimens plus sophistiqués - une photo ou un dessin représentant l’événement.  

Les ballons : ils constituent un ajout apprécié d’une célébration de ce genre. Bien sûr, ils sont choisis astucieusement pour symboliser tout à la fois l’enfance de l’invité d’honneur et l’occasion festive. A noter : pour qui n’est pas habitué à manipuler 4 gros ballons gonflés à l’hélium, se méfier des rubans qui les retiennent. Ils ne sont pas solides, et c’est ainsi que le ballon numéro 4 a réussi à s’enfuir dès la sortie du magasin, et a disparu dans le ciel bleu en quelques instants.








Par ailleurs, les trois ballons rescapés flottent au dessus des sièges et prennent un espace étonnant sur la banquette arrière d’une Ford Focus déjà encombrée d’apéritifs mexicains et de fromages français. Passer la marche arrière et regarder par-dessus son épaule avant de commencer la manœuvre signifie qu’on se retrouve nez a nez avec Mickey, lequel manifeste une inertie pleine de mauvaise volonté à vous laisser jeter un œil par la lunette arrière.


Les bougies : les bons gros chiffres solides sont le bon choix. En l’occurrence, j’ai disposé deux «25» pour réduire l’aspect déconcertant du changement de dizaine.

Je m’étais aussi laissée tenter par une petite décoration «happy birthday» - chaque lettre délicate était aussi une bougie. Mais dans le stress des préparatifs de dernière minute, j’ai aussitôt cassé le H de birthday. Et les lettres restantes ont refusé de se laisser allumer.

Au final, la soirée a été sympathique. Irvin était content de revoir ses oncle, tante et cousins qui habitent dans notre région. Des amis pasteurs se sont aussi joints à nous, ainsi que des paroissiens. L’inauguration réussie de la deuxième moitié d’un siècle.